Ville dénaturée
Brins d’herbe qui surnagent au bord des trottoirs fissurés, Nature tu n’es rien ici. Le béton s’amoncelle, le goudron étend ses tentacules dans toutes les ruelles, La grisaille nous entoure, nous assaille. Les racines cherchent leur chemin, La terre n’est que poussière légère que le vent soulève . Les feuilles mortes jonchent le sol, Des brindilles sont ramassées par les enfants, Fougueux chevaliers éphémères. Quelques arbres disséminés dressent vers le ciel Leurs faîtes dénudés, provoquant les cîmes incertaines Des immeubles nonchalamment accumulés ici et là, de haut en bas, dans les moindres recoins de la ville. Le combat est déloyal, la victoire urbaine déjà assurée Mais l’adversaire déchu résiste. Les bourgeons renaissent, inlassablement, Les pétales s’étalent sur les balcons adoucis, Les parcs entrouvrent leurs portes et ne se ferment qu’à la nuit tombée, Reposant leurs plate-bandes des assauts quotidiens.Ville de regards
Regards croisés Sur des matins embrumés des rues animées des nuits agitées Regards intrigués Sur des passants empressés des marchands affairés des enfants excités Regards baissés Sur des façades fissurées des trottoirs cabossés des mendiants esseulés Regards osés sur des amants enlacés des époux déchirés des vieillards enivrés Les journées passent, mes yeux ne savent plus où se poser. De l’aube au crépuscule, la ville s’agite, irascible, Hommes et femmes se croisent, impassibles, Cachant derrière un simple sourire ou un léger soupir Les méandres de leurs vies, Sans oser partager le moindre regard Trop révélateur de leurs trépidations intérieures… Rien d’anodin, donc, dans ces mouvements incessants Observés au hasard de promenades urbaines… Ils semblent annoncer mille et une histoires, Mille et un mystères à révéler, Que mes regards continueront à imaginer, Sans limite aucune, sans retenue aucune, Laissant la fiction dépasser largement le cadre de la réalité…La berceuse de Dorine
Sur l’air de cette berceuse cosaque :
http://www.youtube.com/watch?v=YnN-dIFIS-8
Mon bébé, oh ma Dorine,
Il est temps de t’endormir
Mais tu joues, ma Colombine,
Alors que la lune t’attire
La nuit ferme tes beaux yeux
Et te montre le chemin
Elle t’emmène haut dans les cieux
Pour dormir jusqu’à demain.
Je te berce doucement,
Te regarde tendrement…
Quel petit être fragile tu fais
Toi, ma toute petite fée.
Tes sourires me séduisent,
Je ferai tout pour eux,
Tu me déposes une bise
Et j’exauce tous tes vœux.
Mon bébé , oh ma Dorine,
Endors toi tout doucement
Je veillerai sur toi, câline,
Toi, mon tout petit enfant .
En s’éloignant, on reste près de lui…
Parfois, dans la vie, il faut s’élever pour mieux voir. Il faut parcourir un long chemin, un peu pénible, un peu récalcitrant, inattendu… Mais toujours avancer, sans renoncer, sans se sentir vaincu, abattu, dépassé.
Le ciel aurait dû nous accueillir, le temps d’une traversée. Nous l’avons juste touché du bout des doigts, quelques instants, le temps d’embrasser Paris de nos regards. La ville nous a accueillies, bienveillante. Elle a dévoilé ses tranchées haussmanniennes, ses monuments imposants, marques indélébiles du passé, et ses taches vertes . Mais pas son fleuve, resté mystérieusement invisible de la hauteur d’où nous surplombions la Capitale.
Toutefois, de là-haut, aucun son ni aucune odeur ne nous parvenait. Nous sommes donc redescendues sentir la ville, la toucher du bout de nos doigts et l’humer de tous nos sens. Elle nous a absorbées, instantanément, du fond des couloirs du métro jusqu’aux cours intérieures de quartiers raffinés, en passant par des ruelles à peine apprivoisées.
Elle nous a posées sur ces marches antiques , sous les dards du soleil et nous a laissées profiter de cette sensation forte d’un instant sans fin. Puis, elle nous a attirées en elle, dans un mouvement ininterrompu qui a fait vibrer nos sens jusqu’à la tombée de la nuit. Elle a su alors nous envelopper et nous rassurer, gardant en elle la moindre de nos appréhensions, les faisant disparaître de nos coeurs.
Comme ce cheminement fut apaisant, raisonnant de rires inattendus, signes à peine voilés d’une amitié profonde , qui n’oubliait pas l’amour perdu qui les avait réunis ce jour, ne l’évoquant qu’à pas feutrés, au détour de lieux chargés de souvenirs heureux… Sans larmes, finalement. Étonnamment. Sincèrement. Courageusement.
La ville
Petit challenge entre amies. Ecrire sur la ville, écrire sa ville.
Le sujet m’inspire, dans mille et une directions ; je vois des chemins qui s’ouvrent devant moi. Que dis-je des chemins ? Des ruelles, des rues, des avenues, des boulevards même. Je vois la ville par ses sillons, qui la traversent de bout en bout, du périphérique aux quais de Seine… j’aime l’imaginer à travers les lignes d’un plan à peine coloré. Je la survole alors, l’appréhende pleinement avant de plonger en son cœur.
Mes sens alors s’éveillent. Les odeurs me submergent, parfums alléchants de devantures variées ou échappements gazeux aux obscurs relents. Des cris d’enfants touchent mon esprit, couvrant à peine les bruits stridents des travaux voisins, impossibles concurrents face aux doux gazouillis des moineaux oubliés. De toutes parts, la ville m’enveloppe de sa vie trépidante, incapable de s’arrêter, embarquée dans un cheminement incessant. Je la suis, elle me poursuit, nous ne faisons plus qu’un au milieu de volutes indéfinissables …
Mon bébé
Mon bébé, mon amour,
A quelques heures de ton arrivée, mon impatience augmente de te rencontrer. Cela fait 8 mois et demi que je te garde au chaud dans mon ventre et que tu sembles en profiter pleinement. Je suis tellement heureuse de notre rencontre que je craignais tant. J’avais tellement peur que tes mois en moi se passent mal, que ta venue au monde s’annonce trop précoce. Au contraire, tout se passe idéalement. Je ne pourrais rêver mieux. Pour une dernière grossesse, c’est merveilleux. Jusqu’au bout, je t’aurais senti bouger, sautiller, te tourner, te retourner, réagir à la voix de ton père, aux caresses de tes soeurs. Merci pour ce bonheur intérieur insoupçonnable. Je t’aime déjà tant.
Et comme cela fait du bien de célébrer la vie après deux messages dédiés à la mort…
A très vite mon amour.
Marteaux sur des cordes, pincement au coeur…
Ce soir, j’ai refait résonner quelques notes sur mon piano. Cela faisait des mois que je n’avais pas eu la force de refaire courir mes doigts sur la blancheur des touches.
Une fois seulement, j’ai pu jouer, le jour de sa mort. Comme un adieu lointain qu’il aurait pu entendre. La musique a parcouru la pièce et est monté vers le ciel comme si elle l’atteignait. J’ai aimé jouer ces quelques notes, mouillées de quelques larmes que je ne pouvais retenir. C’était un hommage, à ma façon, en jouant Calo qui t’ennuyait tant les oreilles lorsque nous partions en vacances ensemble et que nous partagions le même véhicule…
Mais, depuis, cette douce musique a fait place au silence. Je me suis sentie incapable de créer de nouveau, avec mes doigts, cette douceur qu’une telle torpeur avait annihilée, comme une tempête sauvage, un tourbillon fou, une violente tornade… Le silence, le noir, le vide, le néant… Le rien… J’ai eu besoin de ce temps avant de redonner vie à mon piano, à cet instrument que nous avions partagé pour tes premiers pas hésitants. Des bribes de musique sont nés de ton entêtement efficace, quelques lignes ont été jouées, comme la trame d’une mélodie à venir…
Aujourd’hui, j’ai eu envie de rejouer, un peu pour toi, beaucoup pour que la vie continue… non sans émotion…
Tu es fait pour voler
Tu es fait pour voler.
Tu es parti une après-midi d’automne, parti pour aller loin. Le ciel pleurait déjà.
Tu n’as pas prévenu, tu es parti sans te retourner, en nous laissant orphelins de toi .
Qu’espérais-tu ? Pensais-tu que nous allions encore sourire à une de tes blagues ?
Comment veux-tu que nous nous projetions sans toi ? Sur la plage, ta serviette reste vide, sur le terrain, plus d’adversaire pour renvoyer la balle, au cinéma , ton siège reste froid…
Ns avançons aveugles, incapables de croire à ça. Mensonge, trahison, ce n’était pas notre contrat d’amitié. Tu n’as pas le droit de nous laisser ainsi.
Noel se fera sans toi, le réveillon du Nouvel An et son foie gras, la galette n’aura plus de roi, nos weekends prolongés vont perdre leur saveur sans tes clichés improbables , nous ne fêterons plus ton anniversaire, seul le 4 novembre va dorénavant nous marquer. Les enfants n’auront plus leur babysitter préféré à Narbonne, les restaurants du pays basque ne prendront plus nos réservations , le mobil home n’accueillera pas sa tente voisine, nous n’escaladerons plus les dunes ensemble, nous ne franchirons plus les rouleaux de vagues landaises, …
Nous ne connaitrons pas tes enfants.
Envolée nocturne
Il fait nuit. La journée est terminée. Nous sommes déjà demain. Nous ? Je suis seule pourtant devant mon écran. Etrange expression.
Seule avec vous, de nouveau. L’envie me reprend. Etrange impression.
J’ai longuement pianoté ce soir, en voyageant de sites en sites à la recherche de destinations attrayantes pour de futures escapades. Ces quelques heures m’ont déjà un peu rassasiée alors que la torpeur hivernale ralentit mon rythme quotidien. J’ai pris l’avion, j’ai survolé de nombreux paysages, de la Guadeloupe à Sri Lanka en passant par Tenerife, Djerba et la Crète… J’ai reçu des rayons de soleil du monde entier qui m’ont réchauffée à cette heure tardive. J’ai visité quelques chambres d’hôtel , salivé devant quelques tables sympathiques, … mais le rêve est définitivement bien plus agréable que la réalité matérielle… Passons….
Décidément, je n’ai pas envie de fermer les yeux, pas envie de céder au sommeil, pas envie de laisser ma liberté nocturne m’échapper. Comme je me sens bien à cette heure-ci. Je savoure ma vie, lentement, doucement, silencieusement. Je sens les secondes s’écouler… La sensation est bien plus délicieuse que les trépidations de la vie diurne…
Allez bonne nuit à tous, que vos yeux restent ouverts sur le monde ou qu’ils se ferment pour rêver…
De retour sur la toile ?

Ce soir, une envie irrépressible d’écrire. Cela faisait longtemps. J’ai l’impression d’avoir été infidèle, distante, inconstante… Et pourtant, je n’ai jamais été loin.
Depuis peu, mon champ de vision se restreint. Je ne vis que dans un microcosme coupé du reste du monde, un petit monde à nous, à nous quatre. J’ai l’impression que rien ailleurs ne m’intéresse que ce lien qui nous unit. Rien n’est visible. Et pourtant tout est là, omniprésent, envahissant, bruyant même… Des bruits d’enfants, des rires lancés, des baisers donnés, des bras serrés…
La journée passe. Je suis dehors, ailleurs, occupée, entourée, omnubilée. Et pourtant, je m’évade, je m’envole, je ne rêve que de rentrer chez moi.
Je rentre. Je les retrouve. Le temps ralentit. Chaque seconde passée ensemble est un moment à part. Je savoure. Rien d’inattendu, juste des petites doses de bonheur ininterrompues.
La nuit tombe. Elles s’endorment. Dernières embrassades et elles s ’apaisent. Elles me manquent déjà… jusqu’à demain…
Mais lui est là. Il prend le relais dans ce monde qui est le nôtre. La nuit est à nous, à nous seuls, à nous deux… Une autre forme de bonheur….

Mois d’avril déjà ! – Vieillesse endormie
Désertant mon propre blog, j’en viens à m’imposer de retourner y déposer quelques textes de temps en temps. Une fois par semaine ? par mois ? Je ne sais plus. Ma vie réelle m’omnubile trop… Et pourtant j’ai toujours plaisir à venir errer sur la toile….
Alors pour ce soir , juste un poème auquel je tiens beaucoup, écrit il y a 9 ans déjà, mais qui retranscrit l’état de ma grandmère atteinte d’eilzheimer….
Vieillesse endormie
Vieille dans son lit, elle dort.
Pas un pas, pas un bruit, rien ne bouge.
Elle se laisse glisser sur le flanc de la vie.
Elle ne cherche plus, elle ne veut plus, elle n’est plus.
Son monde est derrière elle.
Au sommet de sa vie, elle rayonnait.
Elle rassemblait parents, mari, enfants dans le même cœur ;
Mais la mort n’est pas loin…
Vieille dans son lit, elle dort.
Pas un pas, pas un bruit.
Elle attend, elle subit.
Sans un mot, sans un cri.
Elle vit dans l’attente de la mort.
Aujourd’hui n’est pour elle qu’un avant-goût de l’au-delà.
Elle attend, sans espoir, sans but, sans vie.
Son regard s’illumine parfois
mais reste trop souvent interrogateur.
Elle essaie doucement de comprendre le monde qui l’entoure.
Mais il s’évapore, devient flou.
Qui est-il ? Qui est-elle ? Rien n’est plus certain…
Vieille dans son lit, elle dort.
Pas un pas, pas un bruit.
Elle attend, elle subit.
Sans un mot, sans un cri.
Elle vit dans l’attente de la mort.
Saynètes pour hellénistes et latinistes
Ca y est . J’ai enfin fini ma petite pièce de 24 pages pour mes élèves de Grec et de Latin de 3ème. 8 scènes + les transitions, du tout sur mesure en fonction du nombre d’élèves et de leur capacité/volonté à s’investir dans la pièce. Ouf ! Je vous les donnerai bien à lire pour quelques commentaires mais vous avez été bien discrets la dernière fois…
Le but n’est pas d’être franchement original mais de respecter le smythes racontés tout en rendant la mise en scène un peu dynamique pour que les spectateurs ne s’endorment pas
…
Allez je vous mets la dernière scène. Vous trouverez la pièce entière dans une nouvelle page du blog : “Saynètes mythologiques”.
VIII. Rassemblement des enfants de Zeus :

Entre sur scène une vingtaine de personnes que l’on peut reconnaître à leurs attributs. Certains portent des verres, d’autres des assiettes. Deux installent un grand panneau « Bienvenue à tous les enfants de Zeus ! »
Ils se répartissent autour des tables recouvertes de victuailles et sur la scène, assis de part et d’autre. Ils discutent à mi-voix ensemble. (Héraclès, Perséphone, Hermès, Apollon, Héphaïstos, les 9 Muses, Dionysos, Hélène ) . Bacchus reste en retrait.
Sur le devant de la scène s’avancent Athéna, Artémis et Aphrodite.
ARTEMIS – Tu sais qui a organisé cette soirée ?
ATHENA – Non, pas du tout. J’ai reçu un carton d’invitation, comme toi ; et ça m’a rendu curieuse.
APHRODITE – Tu as vu ce monde ? On ne s’entend plus discuter.
ATHENA -Il faut dire que papa n’a pas chômé côté progéniture. Vous saviez qu’il avait autant d’enfants ?
ARTEMIS – Pas vraiment.
APHRODITE – Vous reconnaissez tous les gens présents dans cette pièce, vous ?
ARTEMIS – Non, enfin…pointant un jeune homme du doigt. Là, c’est facile, c’est Apollon, mon jumeau. Je l’aime bien, hein. Mais il a tout de même un côté très efféminé à toujours se promener avec sa lyre et ses boucles de cheveux dégoulinant dans le cou…
ATHENA – Oh regardez là, c’est Perséphone (ou Proserpine si vous préférez). Elle a laissé son affreux mari. La pauvre, pas facile de vivre en bas. Franchement, je n’aimerais pas être à sa place.
APHRODITE – Elle n’est pas la seule à souffrir. On ne se moque pas… En plus, je suis sûre que mon époux est ici. Cachez-moi s’il se montre…
ATHENA – Oh arrête de te plaindre. Tu n’avais qu’à faire comme nous. Préserver ta virginité !
APHRODITE, gênée – Bah, c’est plus facile à dire qu’à faire …
ATHENA – Et puis, ton mari, c’est lui qui a aidé papa à me faire sortir de sa tête. Un bon gros coup de hache et hop, je suis venue au monde !
ARTEMIS – Arrête de te vanter. Il n’y a pas que toi qui as connu une naissance un peu exceptionnelle. Pour Apollon et moi, maman a dû errer des jours durant avant de trouver une île qui acceptait de l’accueillir pour qu’elle accouche.
APHRODITE – Et ce pauvre Dionysos que papa a dû faire mûrir encore un peu dans sa cuisse parce que sa mère est morte avant qu’il ne soit prêt à naître.
ARTEMIS – Beurk ! Mais quelle idée !
APHRODITE – Ah bah tout le monde ne peut pas naître de l’écume comme moi !
ATHENA – Oh çà va la starlette !
ARTEMIS, montrant du doigt Hermès – Oh les filles, regardez-le. Qu’il est beau avec ses petites sandales ailées et son casque léger.
ATHENA – Hermès ? Ce voyou ? Ce brigand ? Arrête. Il est aussi frivole que papa.
APHRODITE – Bah. J’ai déjà goûté. Il est gentil mais son esprit d’aventure n’est pas assez libéré selon moi.
ARTEMIS – Et là, vous avez vu qui a osé venir ? C’est Héraclès.
ATHENA – Ah oui, il faut être culotté ! Si jamais Héra le voyait !
APHRODITE, admirative - Mais quel dieu ! Ca c’est une vraie musculature, un corps d’athlète !
ARTEMIS – Ce n’est qu’un demi-dieu, je te rappelle.
APHRODITE – Oh mais maintenant il vit dans l’Olympe alors c’est tout comme, non ?
ARTEMIS – Si çà t’arrange !
ATHENA, attirant leur attention sur un autre groupe – Oh regardez les 9 Muses, là-bas. Quel ridicule ! Ah toujours se déplacer toutes les neuf avec leurs petits (objets) ciseaux, masques et autres ustensiles….
APHRODITE – Ca, c’est certain, elles ne passent pas inaperçues avec leurs petites emplettes !
ARTEMIS – Attendez, j’ai encore mieux ! C’est bien Hélène, là-bas !
ATHENA – Oh oui ! Après tout ce qu’elle m’a fait subir ainsi qu’à mes chéris les Grecs, elle ose se montrer ! Elle ne manque pas de culot.
APHRODITE – Allez, c’est fini. Hélène a quitté son amant Pâris, elle a retrouvé son mari Ménélas. La guerre de Troie est terminée. Chacun est rentré chez soi.
ATHENA – Certes mais tu avais mis une sacrée pagaille dans l’Olympe, et sur Terre, en promettant à un homme de lui donner la plus belle femme du monde…. alors que celle-ci appartenait déjà à un autre !
APHRODITE – Une petite erreur d’appréciation sans doute… Mais qui m’a valu d’être élue la plus belle des déesses ! Elle sort son écharpe « La plus belle des déesses » et l’enfile.
Soudain HERA surgit sur scène, imposante, comme possédée et armée de la foudre de Zeus– Ah je le savais ! Silence général. Je vous ai comptés. Vous êtes plus de 50 ce soir, 50 preuves de l’ infidélité de mon époux. Je vais tous vous anéantir. Au nom de mon pouvoir tout puissant… Et elle brandit la foudre de son époux.
ZEUS arrivant en courant sur scène et lui prenant sa foudre des mains – Non mais çà ne va pas. Rends-moi ma foudre ! Tu arrêtes tes bêtises tout de suite. Je te signale, que parmi tous ses enfants il y a les tiens aussi, mauvaise mère.
HERA tombant à genoux – Oh pardon…

ZEUS, compatissant – Allez viens, on va discuter tous les deux. Tout va bien, ne t’inquiète pas. Ce n’est pas grave.
Et il fait signe aux autres de continuer la fête tandis qu’il quitte la scène. Les enfants soupirent de soulagement.
DIONYSOS ET BACCHUS s’avancent sur scène.
CONCLUSION :
DIONYSOS – Quel homme tout de même !
BACCHUS - Quel dieu tu veux dire !!!
DIONYSOS - Des dizaines et des dizaines de descendants à travers le monde. J’admire.
BACCHUS - Oh oui ! Avec Zeus, on ne s’ennuie pas !
DIONYSOS - Allez ! Il est temps, pour nous aussi, de prendre part à la fête… Le spectacle va se terminer…
BACCHUS – Mais viens donc boire avec nous, cher public, un peu de ce nectar des dieux…
DIONYSOS - …Et goûter à tous ces mets fabuleux !
BACCHUS – Sed nunc, spectatores, Jovis summi causa clare plaudite !
DIONYSOS – Je traduis : Mais maintenant, spectateurs, par égard pour le grand Jupiter, faites retentir vos applaudissements. [ …………]
DIONYSOS - Σοι αληθως ευχαριστωμεν, θεαται !
BACCHUS – je traduis : Merci beaucoup, cher public !
Petit pincement
Petit pincement au coeur en cet après-midi ensoleillé. Une amie vient d’accoucher, dans une béatitude complète, sensible à toute la descente de ce petit être en elle, consciente de cette naissance qu’elle était en train d’accomplir. Ayant vécu en quelques heures à peine le bonheur immense de donner la vie et retrouvant, deux jours plus tard déjà, son home sweet home et sa petite famille, elle est devenue maman de ce petit être.
Je ne peux m’empêcher de ressentir une vague de regret me submerger… Chut…
Tant pis, les mots parlent pour moi. Mes pensées transparaissent même si personne ne les entendra…
Non, chut…Oh et puis… Fermez vos yeux… Moi j’ai besoin de lancer ces lignes…
Je n’accoucherai jamais comme çà, jamais comme elle… Je n’aiderai jamais mon bébé à sortir de moi, je ne le pousserai pas vers l’air pur, je ne le prendrai jamais dans mes bras pour une têtée câline quelques minutes après sa naissance. Je le regarderai toujours s’éloigner de moi, pour que des étrangers prennent soin de lui quelques heures…
Pire même, j’en serai encore certainement séparée, de longs jours, de longues heures, pour que d’autres l’aident à prendre le chemin de la vie qu’il risque d’avoir du mal à trouver une fois sorti du nid douillet que je lui avais confectionné en moi…
Je ne connaîtrai jamais l’accouchement naturel. On m’ouvrira toujours le ventre pour çà… Et bébé naîtra trop tôt pour avoir la force de vivre seul…
Comment imaginer re-donner la vie ainsi…
Foutue “cholestase” *…
Allez j’arrête de faire ‘ma jalouse’ et j’admire le résultat de mes précédentes grossesses… Même si le chemin est semé d’embûches, il en vaut la peine…
Chut…
* Cholestase : Put… de maladie du foie que je développe enceinte et qui pousse les obstétriciens à aller chercher bébé prématurément dans le ventre de sa mère pour qu’elle ne l’empoisonne pas par les déchets que le foie, trop paresseux, n’a pas éliminés…
Soeurs
Autre souvenir de vacances. L’atmosphère n’est plus aussi remplie d’air pur… Elle est confinée dans une petite pièce où vit très simplement une arrière-grand-mère… et son chat…. Une atmosphère chaleureuse, un lieu familial des plus tranquilles…

Unies dans un geste câlin, les deux demoiselles se laissent porter par le doux poil tigré de ce petit animal soumis.
Elles n’ont de regard, d’attention que pour lui. Une trève surprenante dans un tourbillon de cris stridents, de sauts acrobatiques, de danses débandades et de courses effrénées.
N’entendez-vous pas ce silence ?
Pourtant la bête va fuir, si, si… très rapidement… sous les gestes plus poussés, moins tendres de ses admiratrices…
La trève était de courte durée…
Mais les rayures des deux petits monstres alors bien discrets -qui éblouissent nos yeux sur cette photo- n’annonçaient-elles pas déjà un trouble à venir…?
Veille de rentrée
Bonsoir chers lecteurs irréels !
Voilà bien longtemps que je n’ai foulé le chemin de mon blog. Ce n’est pas faute d’avoir pensé à écrire bien souvent… Mais le temps de liberté qu’offrent les vacances a eu raison de mon assiduité… Alors je recommence ce soir à déposer quelques mots en espérant revenir bien vite vers vous…
Petit air de Bretagne
Deux promeneuses morbihanaises :


Tu nous as ouvert les bras avec une douceur inattendue
Tu nous as accueillis entre champs et vagues
Brassant mille brises et odeurs
Pour le plaisir de nos sens assouvis
Et tu as fait découvrir à quatre têtes légères
Le bonheur de courir dans tes chemins humides
Et l’envie de braver la fraîcheur de ton écume
Nous t’abandonnons trop vite à notre goût
Mais pour mieux te savourer d’ici peu…
Alors profite de ta solitude temporaire
Pour affiner tes grains de sable
et affûter tes rudes roches.
Attention Bretagne, nous voilà !
Duo Jupiter/Junon
Allez, je me suis remise à l’écriture de mes saynètes. Voici le début d’une consacrée au couple vedette de l’Olympe… A poursuivre et corriger (grâce à vos suggestions ???)
Junon, énervée - Juju ? Juju, où es-tu ?
Jupiter, légèrement outré et méprisant – A qui parles-tu, ma chère Junon ?
Junon – Oh çà va ! C’est à toi que je m’adresse, ô mon cher époux, Jupiter, dieu des dieux, maître de l’univers !
Jupiter, s’admirant dans un miroir – Ah oui ! C’est moi !!! Je me reconnais bien là !
Malgré la présence de sa femme, Jupiter se met à regarder dans la direction opposée, en contrebas.
Junon – Qui est-ce que tu observes ainsi ?
Jupiter – Qui ? Moi ? Personne !
Junon regarde dans la direction qu’il observe et semble reconnaître qqch….
Junon – Ah non ! Pas encore Alcmène ! Laisse cette pauvre mortelle tranquille. Elle t’a déjà bien prouvé sa fidélité à son mari.
Jupiter – Mais non mais non, je ne regarde pas du tout du côté de chez elle…
Sans sembler l’écouter, Junon poursuit - Dire que, à cause de toi, elle a trompé son mari sans même s’en apercevoir ! Dire que tu as pris l’apparence de son époux rien que pour réussir à concrétiser une aventure d’une nuit avec elle. Quelle déchéance !
Jupiter – Oh la la ! Tout de suite les grands mots ! Tu vois toujours le mal partout !
Junon – Le mal partout ? C’est moi qui suis allée m’afficher avec le beau Ganymède, peut-être ?
Jupiter, l’air gêné – J’ai élargi ma vision du monde, c’est tout !…
Junon – Non mais quand même ! Mon chéri, mon époux ! Un homme maintenant ? Et beaucoup plus jeune que toi en plus !
Jupiter – Oh ne t’arrête pas aux apparences ! Tout le monde a l’air plus jeune que moi… !
Junon – Mais ce n’est pas le problème ! … Je te satisfais si peu ?
Jupiter – Ca n’a rien à voir…
Junon – Oh mais j’ai tout de même beaucoup de mal à te suivre, tu sais ?
Jupiter – Ah ?
Junon – Après Europe où tu as joué les taureaux pour séduire ta belle d’une ruade…
Jupiter – Certes…
Junon – Et Léda avec laquelle tu as joué les cygnes enjôleurs pour parvenir à tes fins…
Jupiter – Hum… ah oui c’est vrai… Quel bel animal j’étais !
Un petit coin de Paradis
Ouh la la ! Je te délaisse mon cher blog… Mes pensées virevoltent mais pas à travers des mots ces temps-ci.
J’ai juste le temps de vous envoyer un petit coin de paradis, un clin d’oeil que des amis nous ont envoyé de l’autre bout de la terre… Oui, une vraie photo, pas un montage de carte postale…. On y plongerait, on s’y assoupirait, on s’y complairait avec délectation…
Vous y voyez-vous ?

Brèves diverses
* Cela fait une semaine que je ne suis pas revenue vous écrire un mot. Pourtant, j’ai eu le temps de passer et même de repasser rapidement voir si vous m’aviez laissé des commentaires critiques. Peine perdue… Quelle discrétion, chers lecteurs !!! Mais comment voulez-vous que je m’améliore sans vous ??? Alors si jamais l’envie vous prenait, n’hésitez plus, je vous attends…
* A part çà, je suis très divisée ce soir pour vous écrire quelques bribes de mes pensées. Je sors du concert des Enfoirés et rêvait de vous transmettre un petit bout des 4 heures de bonheur que je viens de vivre… Beaucoup de musique, de chants, de cris, d’applaudissements, une goutte de Olas et des tonnes d’amour ! Un cocktail impeccable ! Je pourrais m’étendre sans fin sur ce plaisir qui berce chaque année mes hivers frisquets depuis une bonne quinzaine d’anée déjà (Je n’ose dire 20 ans…)
* Mais un coup de fil puis des images en boucle sur la tempête du sud ouest m’ont remis les pieds sur terre. Notre lieu de vacances est en miettes , tombé sous les coups de deux pins assassinés par le vent ; ma belle-famille est sans électricité et donc sans chauffage depuis la nuit de vendredi à samedi et surtout ma belle-grand-mère semble avoir disparu de chez elle … Elle vit seule, dans une grande maison privée d’eau, d’électricité et de téléphone et une amie passée la voir cet après-midi ne l’a pas trouvée. Sans doute est-elle allée jouer au bridge chez des amis comme elle en a parfois l’habitude, et sans doute va-t-elle réapparaître comme si de rien n’était, mais le doute persiste…. Nombre de routes sont fermées à la circulation, beaucoup trop d’arbres barrant le passage ou menaçant de le bloquer… Personne ne peut donc parvenir jusqu’à elle pour le moment…. Notre nuit va être agitée par des songes troublés, j’en ai bien peur… Vivement demain. Mes beaux-parents vont prendre la route coûte que coûte pour en avoir le coeur net ! Vivement le coup de fil salvateur…
* Mais, même en espérant un lendemain optimiste, je ne peux fermer les yeux ce soir sur ces informations pires encore, cette histoire de meurtres de bébés et d’une employée dans une crèche en Belgique. La cérémonie ce jour, les 7500 personnes présentes pour partager le deuil des familles touchées à travers une marche silencieuse. Les bougies, fleurs, peluches qui jonchent le trottoir devant la crèche ; les ballons et rubans blancs qui rappellent la pureté et l’innocence de ces êtres frêles trop violemment rayés de la surface de ce monde… Tout cela me bouleverse… Je ne peux imaginer plus d’une seconde la douleur immense de la perte d’un de mes deux enfants. Même pas une seconde. Une horreur totale, infinie, qui vous détruit, définitivement…
Eh oui, je voulais pétiller ce soir, faire briller ici une multitude de petites étoiles filantes… Mais le billet sera finalement bien sombre… Et pourtant de telles pages vont vite se tourner. Mais… Du monde des bisounours qui est le mien à celui de Burton par exemple ou des superhéros américains, englués dans des mondes sombres et violents, qui est l’univers qu’apprécie davantage mon homme, le passage peut se faire beaucoup trop facilement, malheureusement… Comme je préfèrerais rester dans ma bulle rose et transparente…. Je vais y remonter, allez, m’envoler bien vite… Si ! Si ! Demain sera un autre jour….
Saynète n°1 – Prométhée
ð On retrouve Prométhée seul sur scène , debout, la tête penchée vers le sol, les bras et jambes attachés, le ventre sanguinolent (= en train de se faire manger le foie).
Un enfant d‘homme entre sur scène, regardant partout et finit par s’asseoir devant Prométhée en tailleur et regarde vers le haut vers lui. (cf le Petit Prince)
Prométhée, le visage grimaçant de douleur - Mais que fais-tu là toi ?
L’enfant, curieux - Je me demandais ce qu’il y avait en haut de la montagne du Caucase.
P, soupirant - Mais, retourne en bas, chez les hommes. Il n’y a rien pour toi ici.
L’enfant s’insurgeant- Oh non, je ne veux pas retourner là-bas. Rien ne va plus depuis quelques temps…
P - Que se passe-t-il ?
L’enfant – Ma mère n’arrête pas de dire qu’elle vieillit trop vite, mon père est tombé malade, ma sœur ment sans arrêt,
mon frère se prend pour un lutteur à mon égard – mais en plus agressif …
P l’interrompant - … O par Jupiter, quelle catastrophe ! Tout ce que tu me décris me fait craindre le pire !
L’enfant – Quoi donc ?
P - Mes petites créatures, mes petits hommes, je vous ai modelés de mes propres mains…. Vous étiez voués à des grandes et belles choses, mais pas aux souffrances, à la maladie… La boîte de Pandore renfermait toutes ces horreurs, elle a dû l’ouvrir ! Ca ne valait vraiment pas la peine de se mettre en quatre pour vous aider…
L’enfant étonné - Nous aider ? Mais qui es-tu, toi ?
P - Mon nom est Prométhée. Je suis le créateur des hommes…
L’enfant – Ah.
P - Mais si, Prométhée ! Celui qui leur a ensuite donné le feu !
L’enfant – Ah !!! Pro-Mé-Thée ! Celui qui a conseillé aux hommes de blasphémer, de trahir la confiance des dieux par des sacrifices inopportuns !
P - Euh oui, non mais dis comme çà évidemment… Dites plutôt celui qui a tout fait pour venir en aide aux hommes…
L’enfant – Maman ne m’a pas franchement parlé de toi en bien, ni papa, ni tonton, ni…
P l’interrompant - … Oh ça va ! Ca va… Quelle ingratitude ! Dire que je me fais arracher le foie tous les jours pour vous avoir aidés…
L’enfant – Ah c’est pour ça que tu es là ?
P - Oui c’est la punition éternelle que m’a imposée Zeus…
L’enfant l’air compréhensif – Quel sacrifice tu as fait pour nous ! Je le dirai à maman…
P - C’est gentil !
L’enfant – Mais pourquoi Zeus ne nous aime pas ?
P – Oh ! Il vous aime, mais il n’a jamais voulu que vous accédiez à des pouvoirs trop importants…
L’enfant – Comment cela ?
P - Zeus est le dieu tout puissant, le dieu des dieux, le maître du monde. Et vous n’êtes que des hommes à ses yeux, de petits êtres frêles qu’il a envie de regarder vivre du haut de l’Olympe… alors savoir que vous risquiez d’approcher ses pouvoirs l’a effrayé ou plutôt l’a mis dans une colère noire…
L’enfant – Oups…
P - Mais dis-moi, petit… !
L’enfant – Oui ?
P - Tu ne veux pas essayer de m’aider !
L’enfant – Moi ? Mais à quoi ?
P - A briser mes chaînes .
L’enfant – Oh non ! Je suis bien trop petit, bien trop faible pour aider un titan. Je ne suis qu’un homme, un petit d’homme même … je suis sûr qu’un de ces jours un dieu ou un demi dieu puissant, tel Héraclès, viendra te libérer de tes souffrances et te rendra ta liberté. Moi je dois retourner auprès de mes parents. Sinon ils vont s’inquiéter.
P – Mais ?…
L’enfant –Je vais leur raconter les souffrances que tu endures, ils en oublieront peut-être les leurs… Adieu…
P dépité, tournant sa tête dos au public - Adieu…. »
Transition :
Bacchus - Pauvre Prométhée ! Ses souffrances ne sont pas prêtes de prendre fin !
Dionysos - Tu l’as dit !
Bacchus - Dire que, pendant ce temps-là, certains prennent du bon temps !
D, se caressant le ventre et s’étirant - Oh oui !
B, entraînant son acolyte -Tiens regarde par ici. Je crois que du côté des dieux, prendre du plaisir a parfois des déconvenues… Tu permettras que l’histoire soit racontée en latin, cette fois-ci !
D- Mais oui, mais oui ! allez !
B- Chut ! chut ! Taisons-nous ! Ca barde dans l’Olympe !
Théâtre antique adapté…
Je souhaiterais monter une suite de scénettes sur le thème de la mythologie gréco-romaine avec mes élèves latinistes et hellénistes (22 en tout). j’ai prévu un enchaînement de 7 scénettes entrelacées d’interventions des deux dieux du théâtre : Dionysos et Bacchus. Voici les thèmes que nous aborderions :
1. Intro par les dieux du théâtre
2. Prométhée
3. Métamorphoses de Jupiter narrées
4. les enfants de Zeus
5. Heracles
6. Enlèvement de Proserpine par Pluton
7. Vénus et Mars ayant une aventure … surpris par Vulcain
8. les suppliciés condamnés pour l’éternité : une réunion de tous les condamnés au Tartare
Voici le début de ce que j’ai écrit. Dites-moi ce que vous en pensez. Mais très sincèrement !!!!!! Pour que je corrige, arrange, avant de leur proposer le texte….
I. Introduction : Dionysos et Bacchus
Entrée en scène de Dionysos et Bacchus de chaque côté. (Ils vont parler chacun leur tour… puis se battre en prenant le public à témoin…)
- D : Bienvenue sur cette scène de théâtre où vont se jouer pour votre plus grand plaisir quelques uns des plus grands mythes de l’Antiquité grecque …
- B : Bienvenue sur cette scène de théâtre où vont se jouer pour votre plus grand plaisir quelques uns des plus grands mythes de l’Antiquité romaine… Pause interloquée.
- Mais qui c’est celui-là ?
- Mais pour qui se prend-il cet olibrius ? Ils se rapprochent l’un de l’autre.
- Jô suis le Dieu du Théâtre, moi ! Mon nom est Dionysos !
- Mais, non, c’est moi le dieu du théâtre, je suis Bacchus l’inégalable !
- Que nenni, le dieu du théâtre, c’est moi. Il prend le public à témoin. Regardez, j’ai les masques ! Il alterne les masques devant son visage…Triste ….. content… En colère….
- Foi de Bacchus, c’est bien moi le dieu du théâtre, de la fête, de l’ivresse. Regardez ce vin que j’ai apporté pour nous abreuver. Il sert du vin qu’il distribue aux spectateurs. Admirez mes grappes de raisin. Je peux vous en presser à foison !
Tout de même fort surpris de ce face à face inattendu, ils se rapprochent et s’auscultent, se papouillent en silence. Un jeu de miroirs se met en place.
- Mais tu es moi en grec !?
- On dirait vraiment moi mais en romain !
- Ca fait bizarre tout de même !
- Oui c’est vraiment étrange ! …. Dionysos s’arrête et lève la tête puis tapote le bras de son jumeau. Allez, allez, trêve de plaisanterie, il y a du monde qui nous regarde là !
- Oh oui, oups ! nous ne sommes pas seuls !
Alors d’une seule voix, ils annoncent :
- Ce soir, pour votre plus grand plaisir, se joueront, devant vos yeux, des scénettes inspirées de la mythologie (seul) grecque et romaine (seul) … Bonne soirée…
Ils quittent progressivement la scène sous les applaudissements… Puis leurs têtes respectives réapparaissent :
- Mais qui commence au fait ?
- Allez vas-y toi ! Je suis bon prince ! Honneur aux grecs…. En aparté : ce sont les plus vieux ; je m’incline…. avant qu’ils n’oublient leurs textes, vieux séniles, ou qu’ils tombent, grabataires…
- D : eh bien, honneur à nous les grecs, honneur à nos dieux, nos déesses et nos héros….
Faisons honneur à celui qui fut à l’origine de la race humaine : Prométhée !
è Les dieux montent se percher sur deux escabeaux de chaque côté de la scène !
