Marteaux sur des cordes, pincement au coeur…
Ce soir, j’ai refait résonner quelques notes sur mon piano. Cela faisait des mois que je n’avais pas eu la force de refaire courir mes doigts sur la blancheur des touches.
Une fois seulement, j’ai pu jouer, le jour de sa mort. Comme un adieu lointain qu’il aurait pu entendre. La musique a parcouru la pièce et est monté vers le ciel comme si elle l’atteignait. J’ai aimé jouer ces quelques notes, mouillées de quelques larmes que je ne pouvais retenir. C’était un hommage, à ma façon, en jouant Calo qui t’ennuyait tant les oreilles lorsque nous partions en vacances ensemble et que nous partagions le même véhicule…
Mais, depuis, cette douce musique a fait place au silence. Je me suis sentie incapable de créer de nouveau, avec mes doigts, cette douceur qu’une telle torpeur avait annihilée, comme une tempête sauvage, un tourbillon fou, une violente tornade… Le silence, le noir, le vide, le néant… Le rien… J’ai eu besoin de ce temps avant de redonner vie à mon piano, à cet instrument que nous avions partagé pour tes premiers pas hésitants. Des bribes de musique sont nés de ton entêtement efficace, quelques lignes ont été jouées, comme la trame d’une mélodie à venir…
Aujourd’hui, j’ai eu envie de rejouer, un peu pour toi, beaucoup pour que la vie continue… non sans émotion…