Brins d’herbe qui surnagent au bord des trottoirs fissurés,
Nature tu n’es rien ici.
Le béton s’amoncelle, le goudron étend ses tentacules dans toutes les ruelles,
La grisaille nous entoure, nous assaille.
Les racines cherchent leur chemin,
La terre n’est que poussière légère que le vent soulève .
Les feuilles mortes jonchent le sol,
Des brindilles sont ramassées par les enfants,
Fougueux chevaliers éphémères.
Quelques arbres disséminés dressent vers le ciel
Leurs faîtes dénudés, provoquant les cîmes incertaines
Des immeubles nonchalamment accumulés
ici et là, de haut en bas, dans les moindres recoins de la ville.
Le combat est déloyal, la victoire urbaine déjà assurée
Mais l’adversaire déchu résiste.
Les bourgeons renaissent, inlassablement,
Les pétales s’étalent sur les balcons adoucis,
Les parcs entrouvrent leurs portes et ne se ferment qu’à la nuit tombée,
Reposant leurs plate-bandes des assauts quotidiens.